Témoignages de vieux douaniers sur la Falizette

 

Témoignages de vieux douaniers  sur la Falizette, nuit du 12 au 13 Mai 1940 .

 

 

 

Lorsque je suis arrivé dans les Ardennes, début Avril 1966, (j’avais 24 ans alors) j’ai rencontré, à l’occasion de mon service, de vieux douaniers  qui m’ont relaté l’affaire suivante :

 

 Un vieux douanier se souvenait qu’en 1939-1940, il était en poste de surveillance dans le ravin de la Falizette, à mi-chemin du château du Sautou et du bureau des Douanes de Saint-Menges . La maison-forte de la route de ST Menges avait son équipage de guerre. 

Il était là avec un autre douanier, deux gardes-mobiles et une dizaine de soldats en bouchon dans ce ravin de la Falizette, en surveillance et alerte ; ils savaient  tous que des combats se déroulaient sur Bouillon et la Semois et que « çà bardait dur » ; mais pour eux, Bouillon était « loin , à une quinzaine de kilomètres » , et que les Allemands avaient donc du temps « pour arriver ».

  En cours de nuit du 12 au 13 Mai 40, de garde, mais sans ne se douter de rien, le groupe était en train de faire rôtir des lapins que les douaniers avaient pris au collet.

  Mais, au lieu du repas attendu, d’un seul coup, des fantassins allemands leurs ont sauté dessus. Ils les ont tous attachés à des arbres, puis une colonne d’une centaine d’Allemands portant des petits canots pneumatiques sont passés devant eux, se dirigeant vers la Meuse, située à environ deux kilomètres plus au Sud.

  Les prisonniers ficelés aux arbres sont restés là toute la nuit, puis toute la matinée, entendant le roulement de la bataille puis les passages des bombardiers allemands pendant toute l’après-midi ; puis une autre bataille courte ; à la fin de la journée, quelques Allemands sont venus les délier et « ils nous ont emmenés en arrière, comme prisonniers, et ont emporté nos armes ».

 Il s’agissait  d’un élément du bataillon motocycliste de la 2eme PZD :   à pied, ils s’étaient infiltrés dans les bois avec leurs canots,  les avaient mis à l’eau, à l’Ouest de St Albert , avaient traversé la Meuse de nuit , à l’abri des vues et des coups, et s’étaient infiltrés dans la presqu’ile d’Iges ; puis ils s’étaient mis au contact d’une compagnie du 147 eme RIF, qui tenait la berge sud  du canal de l’Est, sans se manifester, en attendant l’heure de l’attaque du matin du 13 Mai.

 

 

Christian-Marie Sarda

Cercle Historique du Chénois

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