Journal de Marche Officiel du 147ème RIF /3

10e C.M.

 

Capitaine (R) HEFF                              : Chef de Cie

Lieutenant (R) BIENFAIT                  : Chef de Son F.V.

 

11e C.M.

 

Lieutenant (A) GONTHIER                : Comt p.i.la Cie

        - d-    (R) PUCEL                         : Chef de S.M.

S/Lieutenant (R) COURCOL              :        - d-

3e CE et FV

 

Lieutenant (R) GWINNER                  : Comt p.i.la Cie

Lieutenant (R) BOURGEOIS             : Chef de Son canon 25

S/Lieutenant (R) POINSIGNON        : Chef de Son Mortiers 81

  

15e Compagnie

 

Lieutenant (R) SERRET                      : Comt la Cie

S/Lieutenant (R) BOUSREZ               : Chef de Son

Lieutenant (R) BOUILLON                :      -d-

     - d-      (R) TALBOT                       :      -d-

S/Lieutenant (R) MORANCAIS         :      -d-

 

L’effectif total en officiers était, à la date du 10 mai 1940 de 76, soit un déficit de 23. Aucun renfort en officier ou hommes de troupe n’avait jamais été reçu du dépôt.

 

10-15 mai 1940

Bataille de Sedan Alerté dans la nuit du 9 au 10 mai, le Régiment prend ses dispositions de combat. La situation est la suivante :

      Le I/147 tient la ligne principale du S/Secteur d’Angecourt (aux ordres du Lt Colonel cdt le 295e R.I.

Le II/147 tient la ligne principale du S/Secteur de Fresnois (aux ordres du Lt Colonel cdt le 147e R.I.F.

Le III/147 tient la ligne principale du S/Secteur de Villers sur Bar (aux ordres du Lt Colonel cdt  le 331e R.I.

Dans la profondeur et jusqu’à la ligne d’arrêt de la 55e D.I. savoir :

      S/Secteur d’Angecourt          : 2 C.M. et (une fraction ?) de la CE et FV du 11e  B.M.

      S/Secteur de Fresnois             :1 Bataillon du 295e RI

                                                               -d-          331e RI

 

      S/Secteur de Villers sur Bar   : 1 CM et le reste de la CE et FV du 11e BM

                                                     : 1 Bataillon du 331e RI

 

On organise en hâte un aménagement de fortune pour l’occupation des blockhaus inachevés. Les unités à l’air libre garnissent les emplacements d’armes et tranchées commencées les semaines précédentes. Toutefois, aucun système de tranchées continue n’existe. Les travaux entrepris au cours de l’hiver pour le réaliser ont été plusieurs fois réduits à néant par les intempéries ; tout l’effort ayant porté sur la construction de blockhaus, les tranchées sont rares, les boyaux inexistants. De sorte que, pendant la bataille de Sedan, beaucoup d’hommes seront plus ou moins protégés et les liaisons par communications enterrées impossibles.

Le personnel de mise en œuvre des dispositifs des destructions est mis en place

 

10 mai 1940 – Dès le matin, un nombre considérable d’avions survole le secteur de Sedan. Le spectacle est nouveau car, depuis septembre 1939, seuls quelques avions isolés volant à grande hauteur avaient survolé de temps en temps la position.

Notre D.C.A. tire sans arrêt.

La 5e Division Légère de Cavalerie, qui stationnait entre la Meuse et la frontière belge, s’est porté en Belgique dans la nuit du 9 au 10 mai. Le 10 au matin, la liaison est prise avec elle par motocycliste par les commandants des sous-secteurs d’Angecourt et de Fresnois.

Vers 15 heures sont lancées les premières bombes ennemies ; une vingtaine tombent entre la route de Remilly à Douzy et la Meuse.

Belges et luxembourgeois passent la Meuse sans arrêt ainsi que les populations françaises de la rive droite de la Meuse et de Sedan.

D’après les renseignements recueillis en fin de journée, la situation devant nous paraît la suivante :

Le Luxembourg a été occupé sans coup férir dans la nuit du 9 au 10 mai. En Belgique, les allemands avancent rapidement. En fin de journée, ils auraient atteint ARLON et la ligne de NEUFCHATEAU où ils sont au contact de la 5e D.L.C. Ils ont organisés un système très spectaculaire de progression où le bruit des moteurs, l’aspect des chars, l’accompagnement des avions concourent à semer la terreur parmi les populations, (2 mots illisibles) entre nos troupes.
Les destructions belges paraissent avoir joué mais ne seraient pas défendues.

Dans la nuit du 10 au 11 mai l’activité de l’aviation ennemie a été très grande, mais aucune bombe n’a été lancée sur le Secteur.

11 mai 1940 – A partir de 5 heures et au cours de toute la journée, l’aviation ennemie bombarde et mitraille le I/147 (Sous-Secteur d’Angecourt) ainsi que le Secteur de Mouzon, sans être gêné le moins du monde, notre aviation restant invisible. Elle est soumise à des feux de nos armes automatiques.

Aucune attaque aérienne sur le II/147 et le III/147

La voie ferrée de Verdun, coupé par le bombardement dans la région de Rumilly, est réparée peu après par une équipe de cheminot.

L’exode de la population française continue et est terminée vers (un mot illisible). Celui de la population belge continue toute la journée.

Vers midi, les Allemands ont atteint FLORENVILLE. Ils atteignent la SEMOY de BOUILLON vers 16 heures. A 17 heures, les batteries de 155 en position à Torcy commencent à tirer sur la région de Bouillon que l’ennemi a, en cours de matinée, fortement bombardé par son aviation.

Certains éléments de cavalerie française paraissent vers Bazeilles en fin de soirée.

 

12 mai 1940 – Au cours de la nuit du 11/12 mai, nombreux passages d’avions ennemis revenant en arrière. La 5e D.L.C se porte de la Semoy sur la ligne des maisons fortes (dont les garnisons sont fournies par la 15e Compagnie du 147e RIF).

Dans la matinée, toutes les destructions de route, préparées devant les maisons fortes et entre celles-ci et la Meuse sont mises en œuvre et jouent normalement. Elles sont entretenues par le feu des garnisons des maisons fortes renforcées par des éléments de la 5e D.L.C. Tout le gros a commencé son mouvement de repli vers la Meuse. L’artillerie de la position de résistance sera devant les maisons fortes.

Le soir à 20 heures, tous les éléments de la 5e D.L.C. et la 15e Compagnie sont repliés au sud de la Meuse.

Dans l’après midi, à partir de 15 heures, commence la destruction des ponts de la Meuse.

Devant le 1er Bataillon, le viaduc de Pont Maugis saute à 15 heures. En même temps, le commandant du 1er Bataillon fait incendier la gare de Pont Maugis (bâtiment voyageurs) dont la présence gène le tir des armes de la défense. La destruction du pont de Remilly doit être reprise à trois fois et n’est parachevée qu’à 17 heures, grâce à l’énergie du Lieutenant GEVREY. Le pont de Bazeilles est détruit à 20 heures ; seule une poutrelle n’a pu être coupée.

Devant le 2e Bataillon, les destructions commencent à 15 heures : pont de chemin de fer de Bouillon, pont Saint Vincent et Fabert, puis pont de Meuse, pont Neuf, pont de la Gare et enfin à 21 heures pont de l’écluse. Dans le même temps, les destructions des ponts de Glaire, de Villette et du pont de chemin de fer sud de Villette ont joué également, normalement.

Devant le 3e Bataillon, la destruction du pont de Donchery  est exécutée à 12h30.

Pendant toute la journée, l’aviation ennemie continue à tenir l’air ; elle execute quelques bombardements sur les positions de batteries (région de Chaumont) ainsi que sur le château de Bellevue et sur le village de Noyers Pont-Maugis.

Notre artillerie exécute de nombreux tirs aux abords des maisons fortes ainsi que, en fin de journée, sur la route Alle-St Menges et vers Givonne où les Allemands commencent à arriver. Cette action de l’artillerie française donne pendant toute la nuit du 12 au 13 mai.

 

13 mai 1940 – A 5 heures, les premiers éléments ennemis paraissent aux lisières ouest de Sedan (Boulevard Fabert) face à Torcy ; ils sont violemment pris à partie par les feux de la ligne principale. De nombreuses reconnaissances aériennes ennemies survolent le secteur.

Vers 9h30, l’aviation allemande commence à bombarder la position. Ce bombardement durera, avec quelques rares et courtes accalmies, jusqu’à 17 heures. Il est plus particulièrement violent dans le sous secteur de Fresnois (II/147) où, dans toute la profondeur de la position, il atteint parfois une intensité extrême : des incendies éclatent à Torcy et à Fresnois.

Au 1er Bataillon (S/Secteur d’Angecourt) aucun bombardement sur la position, mais violents bombardements les villages arrières (Angecourt, Haraucourt, Raucourt).

Au 3e Bataillon (S/Secteur de Villers sur Bar), bombardement par l’aviation toute la journée, mais avec moins d’intensité qu’au 2e Bataillon (S/secteur du Fresnois).
         Dans chacun des S/Secteur du Fresnois, et de Villers sur Bar, le pilonnage de la position est exécuté par des vagues successives de 50 avions travaillant ensemble pendant une heure. Le bombardement et le mitraillage en piquée sont de règle. Les positions d’artillerie sont également violemment bombardées ce qui gène considérablement l’action de cette arme. A partir de 8 heures du matin, de nombreux tirs sont demandés à l’artillerie d’appui sur les colonnes ennemies (engins blindés, infanterie en convois, motocyclistes) qui se présente sur les hauteurs de al rive droite de la Meuse.  A 15 heures, des tirs de courte préparation sont exécutés sur Donchery, Villette, Glaire, sedan et –sur demande du commandant du S/Secteur du Fresnois – l’A.L.C.A. exécute des tirs sur l’île de Wadelincourt où des préparatifs d’attaque ennemi sont signalés. Devant le I/147, à part quelques infiltrations dans Bazeilles, aucun indice d’atatque.

A partir de 15 heures, des engins blindés ennemis, placés aux lisières Est et Ouest de Donchery, à l’usine Gaulier, aux lisières de Sedan et à l’est de Wadelincourt, prennent à partie à coup de canon et de mitrailleuses, les ouvrages de notre ligne principale de résistance ; certains coups entament le béton, d’autres arrivent dans les créneaux. Ces engins sont contre battus par l’artillerie et la pièce de 75 de la casemate de Bellevue, ainsi que  les canons de 25 de la L.P.R.

En même temps, le bombardement de l’aviation s’intensifie et la ligne principale, aux 2e et 3e Bataillon, disparaît sous le nuage de fumée épais.

Vers 16h30, des éléments ennemis franchissent la Meuse à Donchery, à l’usine Gaulier, au pont du Bouillonnais, à l’île de Wadelincourt. Ce sont des éléments d’infanterie (nombreuses mitrailleuses légères) qui ont utilisé des canots pneumatiques, mis rapidement et simultanément à l’eau et actionnés avec les mains ou de courtes rames. Ils se portent rapidement devant les créneaux des blockhaus et tirent à l’intérieur des ouvrages, tandis que d’autres éléments commencent l’encerclement des points d’appui.

Toute la ligne principale s’allume et tire sans arrêt. Le combat, dans la position, se déroule ainsi :

3e Bataillon (S/Secteur de Villers sur Bar)

9e C.M. : les blockhaus 5 et 6, attaqués vers 17h30 par l’Est, luttent jusqu’à l’encerclement, personne n’en est revenu. Le blockhaus C est détruit vers 16h30 par le tir d’engins blindés postés vers la voie ferrée. La casemate d’artillerie de Bellevue et le bloc 102 tirent jusqu’à encerclement (17h30). Un peu plus à l’ouest, au sud de la maison de l’Entrevue, les hommes luttent à la grenade vers 19 heures, contre un ennemi venu de l’est.

10e C.M. – Dans le faubourg de Donchery, des F.M. ont été détruits par le tir des engins blindés ennemis postés sur la rive droite. Vers 17 heures, un groupe de mitrailleurs est cerné et fait prisonnier par des éléments passés à Donchery. Vers 18 heures, le blockhaus b est endommagé, l’ennemi s’infiltre vers le massif de la Croix Piot et occupe le P.C. Moscou à 20 heures. Le blockhaus 2 est neutralisé vers 17 heures. Le bloc 101 a deux hommes tués mais tiendra jusqu’au 14 mai matin.

 

11e C.M. – Des éléments ennemis, venant de Donchery, attaquent la ferme Condé vers 17h30. Le Lieutenant GONTHIER, commandant la 11e C.M. rassemble sa section de commandement et se porte à leur rencontre. Il les arrête par son feu, dégage la ferme et est blessé grièvement au moment où il allait donner l’assaut.

 

2e Batillon (S/Secteur du Fresnois)

 

6e C.M. – Vers 16h30, le blockhaus 10 et le bloc 220, déjà soumis à de violents tirs d’engins blindés, sont attaqués à courte distance par les éléments ennemis qui ont franchi la Meuse à l’île de Wadelincourt et au pont de Bouillonnais. Ces garnisons se défendent jusqu’à encerclement. Les défenseurs de Wadelincourt, abordés sur les deux flancs sont fait prisonniers.

 

5e C.M. – La 5e C.M. qui tient la ligne du blockhaus au S.E. de la gare de Sedan est attaqué de front vers 17 heures, puis un peu plus tard sur son flanc gauche par l’ennemi qui s’est emparé de Fresnois et de la hauteur dit du champ de tir (cote 247) et sur son flanc droit par l’ennemi qui a pris pied sur la croupe de l’Etandan. Elle résiste sur sa position jusqu’au soir où elle se trouve alors complètement encerclée par suite du repli des éléments du 295e R.I. et 331e R.I. placés à sa droite (Etandan) et à sa gauche (région de Fresnois).

 

7e C.M. – La 7e C.M. qui tenait le canal de Glaire à Villette est attaqué, à partir de 16h30 par l’ennemi qui a franchi la Meuse à hauteur de l’usine Gaulier. Menacé d’encerclement, quelques défenseurs de Glaire se replient en combattant en direction du bois de Bellevue, protégés par le tir du point d’appui des Forges. La résistance s’organise aux lisières est du bois de Bellevue, elle est bientôt débordée par l’ennemi qui a percé rapidement en direction de Fresnois et la plus grande partie de la 7e C.M. après avoir épuisé ses munitions tombe aux mains de l’ennemi.

 

1er Bataillon (S/Secteur d’Angecourt)

Dans la nuit du 12 au 13 mai, conformément à un plan préétabli, des unités du 120e R.I. relèvent dans le S/Secteur d’Angecourt des unités du 295e R.I. et du 11e B.M. qui doivent se porter dans le S/Secteur de Villers sur Bar. La relève s’exécute difficilement et partiellement et les éléments relevés vont bivouaquer dans la région de Bulson.

Au cours de la journée du 13 mai, le 1er Bataillon est soumis à quelques bombardements de l’aviation ennemie, mais celle-ci est surtout active sur les positions d’artillerie et sur les villages (Angecourt, Haraucourt, Raucourt).

Devant le front du 1er Bon, aucune attaque sérieuse. Les observateurs remarquent que tout l’effort de l’ennemi se porte vers le S/Secteur de Fresnois, vers lequel se dirige, sortant de la forêt des Ardennes, de nombreuses formations motorisées que le feu de notre artillerie n’arrête que momentanément. Les lisières de Bulson est de Bazeilles se garnissent d’ennemis, des éléments légers de reconnaissance poussent jusque vers le pont de Bazeilles mais aucune tentative de franchissement ne se produit.

Des tirs d’artillerie française déclenchés à la fois par le commandant du S/Secteur de Fresnois et celui du S/Secteur d’Angecourt sont exécutés sur les lisières de Balan et de Bazeilles et aux abords du pont de Bazeilles. En fin de journée, le 13 mai, la situation est la suivante.

1°)-Devant le I/147, où aucune attaque ne n’est produite, la position est intacte ;

2°)- Devant le II/147, l’ennemi a franchi la Meuse et occupe Wadelincourt, Torcy, Fresnois, La Boulette. Il a commencé, en fin de journée, à s’infiltrer dans le Bois de la Marfée. Les éléments restant du II/147 sont avec le chef de Bon à la Maison forestière de la Marfée. A droite, Noyers et tenu par une compagnie du 295e R.I. La plus grande partie des éléments du 295e R.I. et du 331e R.I. se sont repliés sans ordre, d’abord dans le bois de la Marfée, puis pendant la nuit, plus en arrière, au-delà de Bulson. Entre la maison forestière et la route de Vouziers, quelques éléments du 331e (50 hommes) sont groupés autour du commandant du II/331 au Sud du bois du Gendarme.

 

3°)- Devant le III/147, l’ennemi a franchi la Meuse, occupe le faubourg de Donchery et les lisières Nord et Est des bois de la Croix Piot. Il s’infiltre vers ce bois au cours de la nuit, en particulier dans la région voisine de la route de Vouziers. A l’ouest, il occupe la ferme Condé, mais n’a atteint ni Villers sur Bar, ni Hannogne St Martin.

 

Nuit du 13 au 14 mai – Le 13 mai, vers 20 heures, le commandant de l’ID/55 informe le commandant du S/Secteur de Fresnois qu’il met à sa disposition une compagnie F.V. du III/295 plus une compagnie de mitrailleurs et 3 canons de 25 du 11e B.M.

Le commandant du S/Secteur de Fresnois décide de porter le III/295 aux lisières nord du bois de la Marfée afin d’établir la liaison à droite avec les éléments du II/295 dans la région ouest de Noyers, à gauche avec les éléments du quartier Torcy (II/147) dans la région de Liry et être ainsi en mesure de tenir la ligne d’arrêt dans la partie est du S/secteur puis de raccorder cette ligne à travers la Marfée avec une ligne établie sur le plateau nord de Chaumont tenue par une C.M. et 3 canons de 25 du 11e B.M.. Il est prescrit en même temps : 1°) – au commandant du quartier de Wadelincourt (II/295) de tenir Noyers et de se relier fortement à droite avec le S/Secteur d’Angecourt vers Pont-Maugis.

2°)- au commandant du quartier de Bulson (II /331) de tenir sous son feu les débouchés sud et est du Bois du Faisan et se reliant vers le Poirier le Prêtre au 11e B.M.

Le III/295 ne peut pas remplir la mission ; beaucoup de ses éléments replient avant d’avoir atteint la région prescrite. Un certain nombre de ceux-ci qui se replient sur Chaumont sont reportés en avant par le commandant du S/Secteur et les officiers de son Etat major, mais les hommes, après avoir repris la direction indiquée, font un détour et reviennent en arrière.

Ne pouvant réoccuper la ligne d’arrêt comme il l’avait prévu, le commandant du S/Secteur établit une ligne de résistance passant par le sud du Bois du Gendarme, le poirier le Prêtre, le Cimetière allemand, la crête ouest de Noyers, les villages de Noyers et de Pont-Maugis, tenue de la gauche à la droite, par le reliquat du II/331 (50 hommes) – 1C.M. et 3 canons de 25 du 11e BM, 1 Cie du III/295 avec le chef du Bon vers le Cimetière allemand, 1 Cie du II/295 et quelques mitrailleurs avec le comt du II/295 à Noyers.

La compagnie de commandement du 147e RIF et les éléments restant du II/147 sont établis au nord de Chaumont et au Bois de la Cote Jeudi.

Le 14 mai à 0heure, l’artillerie d’appui tirant du S/Secteur de Fresnois se replie vers une position non indiquée. L’officier de liaison d’artillerie reçoit l’ordre de rentrer à son groupe et quitte le commandant du S/Secteur qui n’a plus à sa disposition désormais qu’une batterie de 155 de position qui reste en place faute de moyens pour se déplacer. A la demande du commandant du S/Secteur, cette batterie tire toute la nuit sur les ponts de Sedan.

Le même repli de l’artillerie s’exécute dans les S/Secteurs d’Angecourt et de Villers sur Bar au cours de la nuit.

 

14 mai 1940 – 3e Bataillon – Les éléments de ce bataillon, dans la situation ci-dessus décrite, sont attaqués à partir de 6h30 : une première attaque avec chars débouche des bois de la Croix Piot en direction de Cheveuges et de la route de Vouziers. Vers 11 heures, une autre attaque avec chars et déclenchée à l’ouest du S/Secteur en direction d’Hannogne. Les éléments restant du III/147 établis sur un large front et dissociés, se replient lentement sur St Aignan et Vendresse.

 

2e Bataillon – A 5 heures une vive fusillade est perçue de Chaumont en Direction du Bois du Gendarme ; peu après on entend dans la même direction des bruits de moteur. La fusillade se déplace rapidement vers le sud et à 5h30 des balles arrivent dans Chaumont venant de la ferme St Quentin .

Le commandant du S/secteur de Fresnois (P.C. : Chaumont) décide alors de porter son P.C. dans le bois de Thélonne et d’aller en informer le commandant de la D.I. Tout le P.C. est à 1500 m sud de Bulson (Après 1 heure du matin, toute communication téléphonique avec ce P.C. a été coupée, la liaison a lieu par motocycliste. Dernière liaison à 2 heures par un officier de l’E.M. du 147). Le commandant du S/Secteur quitte le P.C. Chaumont à 6h30 arrive au P.C. de la D.I. qu’il trouve évacué et rencontre vers 7h30 sur la route Bulson-Maisoncelle, le général commandant le D.I. à qui il rend compte de sa situation. A ce moment (8heures) une contre attaque française appuyée par des chars était lancée contre Bulson que l’ennemi venait d’occuper avec des chars venus de la direction de la Boulette. L’action extrêmement rapide de l’ennemi vers Bulson – Ferme Beaumenil, le déclenchement de la contre attaque française empêchent le commandant du S/Secteur de gagner directement le bois de Thélonne. Il se porte alors vers l’est pour regrouper les éléments du 147 qui peuvent s’y trouver et se heurte vers 14h30 à l’est de Maisoncelle à une patrouille de motocyclistes ennemis à laquelle il échappe.

Pendant ce temps, la compagnie de commandement sur l’ordre du commandant du 147e, s’est repliée sur le bois de Thélonne occupé par les éléments  restant du III/147. Ces deux unités se mettent à la disposition respectivement du commandant du S/secteur d’Angecourt et du commandant de la 3e D.I.C. qui les utilisent l’après midi du 14 et le 15 mai pour renforcer la défense de leurs troupes, dans le S/secteur d’Angecourt puis dans le Secteur de Mouzon.

 

1er Bataillon. – Dès le matin, l’aviation ennemie bombarde les positions mais aucune attaque de front n’est lancée. Vers 7 heures, l’ennemi installé vers l’Etandan attaque Pont Maugis par le feu. A 9 heures, Noyers est bombardé par l’artillerie allemande. Peu après, des véhicules descendent de la Marfée vers Noyers. Ils sont arrêtés par le tir de l’artillerie française. A 10 heures, des fantassins allemands descendent de Noyers vers Thélonne qu’ils occupent. A 12 heures, des chars ennemis descendent de Noyers sur Thélonne ; ils sont pris à partie par les canons de 25 du I/147 qui en détruit un avant qu’il ne pénètre dans Thélonne.

En même temps, entre 10 heures et 12 heures, l’aviation, les chars et l’infanterie ennemis nettoient la région de la Marfée et de Noyers.

Vers 14 heures, la 3e C.M. (gauche) se bat à Pont Maugis ; en arrière d’elle, la ligne d’arrêt a été évacuée. La 2e C.M. (centre) signale des rassemblements au pont de Bazeilles ; en arrière, la ligne d’arrêt, tenue par 1 compagnie du 295e RI et 1 compagnie du 120 R.I. a été évacuée ; seuls sont restés en place les éléments du 11e B.M.. La 1er C.M. (droite) n’a pas été attaquée sauf par l’aviation.

Le commandant du I/147 reçoit à 14h30 du commandant du S/Secteur l’ordre de s’installer avec sa section de commandement sur la rive droite de l’Ennemane, entre Angecourt et Haraucourt. Ce mouvement est activé en fin de journée.

La 3e C.M. attaquée depuis el matin sur son flanc gauche contient l’ennemi qui, à la tombé de la nuit, n’a pu dépasser Aillicourt.

La 2e C.M. défend Remilly et empêche l’ennemi de déboucher de Bazeilles et de dépasser le pont. Attaquée sur son flanc gauche à la tombée de la nuit, elle organise la défense face à Aillicourt d’où l’ennemi ne peut déboucher.

La 1er C.M. en cours de journée n’a pas été attaquée de front. Elle a été aux prises avec des parachutistes qu’elle a repoussés et dispersés.

Pour la première fois depuis le début de l’attaque, quelques avions français et anglais interviennent. Attaqués par un adversaire très supérieur en nombre, ils font tête courageusement. Trois sont abattus : l’un près de Mairy, un autre près de la Meuse, le troisième (anglais) près du Château de Lirry.

En fin de journée, le I/147 tient :

a)      L’Ennemane entre Haraucourt et Remilly ;

b)      La Meuse entre Remilly et Petit Remilly

Au cours de la nuit, le I/147 reçoit l’ordre de se replier. Passant par Yoncq et Beaumont en Argonne, il se regroupe à Nouart le 15 mai soir.

 

15 mai 1940. – Le Lt Colonel comt le 147e R.I.F. arrivé dans la soirée du 14 mai à la Berlière reçoit de la 55e D.I. établi à Bayonville, l’ordre de regrouper le régiment « dans la région de Vouziers ».

                        Il se porte le 15 mai avec des éléments de la compagnie de commandement et de la CHR du 1er Bataillon, dans la région de Grandpré puis au bois de Cornay.

Le I/147 se porte à Nouart.

Le II/147 après être resté en situation défensive à la lisière N.E. de la forêt de Jaulnay sans avoir eu le contact de l’ennemi, se replie sur la Neuville à partir de 22 heures.

Le III/147 se porte au bois de Cornay

2 votes. Moyenne 3.50 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.