Bristol Blenheim tombé à Donchery

 

Bristol Blenheim

 

 

   

  

Le Bristol Blenheim, est un bombardier léger rapide triplace britannique de la Seconde Guerre mondiale. Issu d’un projet civil, ce bimoteur a été le premier monoplan métallique à aile cantilever à entrer en service dans la RAF. Plus rapide que la majorité des chasseurs en service en 1936, il se révéla décevant à l’épreuve des premiers combats en 1939, mais occupa une place importante dans le dispositif militaire britannique au début de la Seconde Guerre mondiale.

Le 1er septembre 1939 le Bomber Command de la RAF disposait de 10 squadrons de Blenheim (dont 6 sur Mk IV), regroupés au sein du No 2 Group, dont le commandement se trouvait à Wyton, mais 4 Squadrons de Mk IV (No 18, 53, 114 et 139) et deux sur Mk I (No 53 et 55) sont détachés en France an sein de la British Expeditionary Force et deux opèrent avec les Fairey Battle de l’Advanced Air Striking Force (AASF). Dès le 3 septembre 1939 un Blenheim IV du No 139 Sqdn franchissait la frontière allemande pour une reconnaissance. C’est la première sortie de guerre de la RAF durant la Seconde Guerre mondiale.

En mai 1940 les bimoteurs de l’AASF tentèrent de ralentir les colonnes blindées allemandes, mais les pertes furent très élevées, le Blenheim se révélant très vulnérable face aux chasseurs. Malgré cela, et après regroupement au Royaume-Uni, les Blenheim continuèrent à effectuer des missions sur la Manche et à survoler le continent de jour, souvent sans escorte. On ne compte pas les attaques de navires dans la Manche, en mer du Nord ou dans le Golfe de Gascogne, et le 4 juillet 1941 a lieu un fameux raid sur Brême. Le Bomber Command utilisa le Blenheim jusqu’au 18 août 1942, l’appareil étant remplacé par le Douglas Boston ou le de Havilland Mosquito.

 

 

 Voici un Blenheim tombé à Donchery le soir du 14 Mai 1940. Son numéro reste encore à déterminer. On remarque le coté de l'Atelier.

 

 

 

 Photo de la Collection d'Arnaud Gillet

 

 Ci dessous la carte actuelle notant l'endroit du crash le 14 Mai 1940 au soir.

 

Zac Donchery

 

Article sur l'avion de la ZAC de Donchery

Parution dans le Journal de la Mairie Décembre 2012

 
Cette année, au Cercle Historique, nous avons préparé un parcours pédestre pour lancer les commémorations de 2014. Un parcours de cartes postales sur Donchery qui verra le jour pour Mai 2013. Il sera agrémenté d’un petit guide retraçant Donchery, avant et après Aout 1914. Nous travaillons aussi sur l’Eglise de Le Dancourt, pour la sauvegarde des derniers vestiges du XII ème siècle. Le mur côté Nord, prend l’eau et des arbres y poussent. Nous nous sommes rapprochés de différents organismes pour la réfection de ce patrimoine. Dans un deuxième temps, nous continuons à glaner les témoignages et archives sur Donchery sur toutes les périodes. Un témoignage clef, de Madame Cicéron, que nous avons recueilli cette année, nous a permis de faire l’article qui suit. Madame Cicéron nous a raconté son périple et celui de sa famille en 1940.
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Une histoire, qui met le doigt sur un avion qui est toujours porté disparu. Nous sommes au mois de Mai 1940, la guerre est déclarée avec l’Allemagne. Les hommes sont prêts et en position dans des blockhaus qui ont été fabriqués l’hiver dernier. Madame Cicéron se souvient de ce moment, où son père, Lucien Waterneaux, dit au revoir à sa famille, qui part en exode le 10 Mai de Donchery. Les bagages partent par le train, et la famille prend la route de Vouziers. Lucien Waterneaux, lui reste défendre les berges de la Meuse avec ses camarades, dans le Bloc à côté de la ferme de Moscou. Le 13 Mai, aucun ravitaillement sur la ligne de défense, depuis le 10, les hommes se débrouillent pour manger. Ils vident les maisons, caves et magasins. Après la destruction du pont de Meuse, il ne reste que la maison du marchand de vin, M. Gerbeaux. Au matin, Lucien Waterneaux descend au ravitaillement, mais se fait toucher en remontant à son blockhaus, et décède à quelques pas de son abris. A partir de ce moment, un déluge de feu s’abat sur les hommes du 147 qui résistent aux attaques allemandes.
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Sur la route, dans la nuit du 13, la famille s’abrite pour la nuit dans une grange à Quatre-Champs. Les bombardiers allemands, pour freiner la contre-attaque des blindés français, vont bombarder le village, où beaucoup de civils vont perdre la vie. Dans le déluge, les grands parents Waterneaux sont tués, et Madame Cicéron sera retrouvée dans les gravats, par sa mère, grâce à ses souliers vernis rouge. En revenant de l’exode, Madame Cicéron explique qu’elle a retrouvé son père au pied du blockhaus, à même le sol, à l’endroit où il a été tué. Une demande d’enterrement est faite au Maire, se trouvant dans l’impossibilité d’accéder à la requête de la famille. Ces décisions sont prises par les Allemands, qui délivrent dorénavant toutes les décisions administratives. L’enterrement n’a lieu qu’au printemps suivant.
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Dans la suite des mauvaises nouvelles, elle nous apprend aussi que la maison où ils logeaient à l’époque, a été en partie détruite par un moteur d’avion. Surprise en apprenant cette anecdote, nous avions bien connaissance d’un moteur, au milieu de la ZAC, mais nous n’avons jamais retrouvé plus d’élément sur ce sujet. Cet avion, de type Bristol Blenheim, Anglais et bimoteurs serait tombé le 14 au soir. Nous avons une photo de ce moteur, mais toutes les études d’historiens n’ont jamais rien donnés à ce sujet, et ce moteur est resté un mystère.
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Grâce à ce témoignage, nous avons pu recouper des informations importantes. La première est un témoignage du Lieutenant Koelitz, chef de la 2ème Panzer qui est passé à Donchery ce jour-là. Il explique qu’il voit arriver un avion, et que la DCA touche les bombes. Il voit une grande explosion dans le ciel, il décrit la scène de cette façon : « Nos balles crépitent sur ce grand oiseau, et le touchent probablement aux bombes, on voit une boule de feu dans le ciel, les deux moteurs tombent comme des grosses gouttes, suivis par les corps. Reste quelques morceaux d’alu qui volettent jusqu’au sol. « En explosant en l’air, l’avion est difficilement identifiable, et les corps sont introuvables.

Il ne reste aujourd’hui qu’un seul avion de ce type encore disparu, avec trois hommes et qui serait sans doute notre avion. Pilot Officer Stephen G. Rose, RAF 41473, 110 Sqdn., age inconnu, 14/05/1940, disparu Sergeant David A. Ashton, RAF 581077, 110 Sqdn., 18 ans, 14/05/1940, disparu Leading Aircraftman Ernest N. Edwards, RAFVR 751003, 110 Sqdn., 22 ans, 14/05/1940, disparu

Le récit de Madame Cicéron conforte cette idée, et donne l’emplacement du second moteur que nous recherchions. Nous pouvons donc conclure, que le dernier avion et ses occupants, sont situés à la ZAC. Nous travaillons donc en collaboration avec les Anglais sur ce sujet, et nous voudrions proposer à la commune de faire une commémoration, et pourquoi ne pas baptiser une rue pour la mémoire de ces gens, qui se sont battus pour notre liberté.

 

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Date de dernière mise à jour : 08/01/2013

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